Mardi 12 décembre, le Sénat a conclu l’examen du projet de loi de finances pour 2018 par le vote sur l’ensemble du texte. A l’issue des débats, les sénateurs ont eu à se prononcer sur une version considérablement éloignée du texte initial du Gouvernement et, par voie de conséquences, des aspirations des Français.

➔** Le groupe La République en Marche ! regrette que la majorité sénatoriale LR ait fait le choix d’un détricotage du texte initial du Gouvernement, décidant de s’adresser aux plus fortunés :** suppression de l’impôt sur la fortune immobilière, suppression des taxes additionnelles sur les voitures de sports, les yachts et l’or, refus de l’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, qui représentait pourtant un gain de pouvoir d’achat de 600 euros par an et une mesure phare du Gouvernement.

➔ La majorité LR s’est attaquée aux agents de la fonction publique : passage à trois jours de carence, diminution de la compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires, hausse du temps de travail. Ce dernier point révèle les approximations du groupe LR et l’approche dogmatique qui est la sienne : en effet, la Cour des comptes (2015) a souligné que la durée hebdomadaire de travail dans la fonction publique d’État est légèrement supérieure à celle du secteur privé.

➔** Une majorité LR qui par ailleurs s’est opposée au compromis sur le logement,** refusant la main tendue par le Gouvernement et préférant la posture politicienne à la défense des locataires.

➔ Par ailleurs, le groupe LaREM s’insurge du vote par la majorité LR d’un amendement** diminuant de 300 millions d’euros les crédits de l’aide médicale de l’État (AME)**. L’Assemblée nationale avait rejeté un amendement similaire défendu par le Front national. Preuve s’il en fallait de l’éclatement de la digue républicaine à droite.

En conséquence, le groupe La République en Marche ! a voté contre le texte dénaturé par le Sénat. Nous assumons cette cohérence eu égard à l’engagement pris auprès des Français de présenter un budget de transformation, en faveur de l’économie et du pouvoir d’achat.

S’il faut se réjouir que le Sénat ait cette année accepté de débattre du budget de l’Etat, l’occasion est ratée de démontrer aux citoyens le rôle constructif du Sénat dans l’élaboration de la loi.