Les Sénateurs de la République en Marche ont présenté hier, jeudi 6 décembre, au Sénat un amendement dans le cadre du Projet de loi de finances 2019, visant à mettre en place dans deux régions expérimentatrices, en métropole et en Outre-mer, des distributions de protections périodiques gratuites à destination des femmes les plus vulnérables.

Cette mise à disposition serait réalisée dans plusieurs lieux spécifiques, notamment les lieux de privation de liberté au sens large (garde à vue, maison d’arrêt, centre de rétention administrative, centre de détention), les hôpitaux, ou encore dans des lieux éducatifs (foyers, universités, écoles).

Un sujet majeur et peu connu

« Aujourd’hui en France, 4,7 millions de femmes vivent sous le seuil de pauvreté. Lorsqu’elles sont indisposées, elles utilisent du papier toilette, des vieux bouts de tissus, des journaux et renoncent à acheter une protection périodique pour des raisons financières. Sachant qu’un budget menstruel (tampons, serviettes hygiéniques) s’élève en moyenne entre cinq et sept euros par mois soit environ 8 000 euros sur une vie, cette dépense de première nécessité est loin d’être accessible à toutes. » déclare Patricia Schillinger, Sénatrice du Haut-Rhin et première signatrice de l’amendement.

Depuis août 2018, l’Écosse met gratuitement à disposition des élèves et étudiantes des protections hygiéniques, devenant la première nation au monde à s'attaquer de front à la précarité menstruelle. Dans le cadre du PLFSS 2019, les sénateurs de la République en Marche ont auditionné, en octobre dernier, l’association Règles élémentaires. Celle-ci s’engage au quotidien pour lutter contre la précarité menstruelle en distribuant gratuitement des protections périodiques.

« Cette initiative courageuse n’a pas les moyens de ses ambitions : enrayer la précarité menstruelle dont souffrent de nombreuses femmes, sur l’ensemble du territoire français et pas seulement dans les grandes villes. C’est là que nous intervenons : donner les moyens à ce projet de voir le jour. » ajoute Patricia Schillinger.

Le gouvernement engagé sur le sujet

L’action des Sénateurs mobilisés sur ce sujet a porté ses fruits.

La Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, s’est engagée dans l’hémicycle à trouver un vecteur pour améliorer l’accompagnement des femmes partout sur le territoire, d’ici le prochain projet de loi de finances. Elle a également annoncé qu’un travail de concertation avec les associations, les acteurs de terrain et les parlementaires serait organisé pour parvenir à trouver une solution pérenne.

Les Sénateurs de la République en marche regrettent de ne pas avoir été soutenus dans leur démarche par la majorité sénatoriale, LR

Dans un raccourci, le rapporteur a renvoyé le sujet aux banques alimentaires, qui organisent d’ores-et-déjà de telles distributions.

« Devoir réclamer des protections périodiques et les trouver à disposition quand nous en avons besoin dans des lieux du quotidien n’est pas la même chose ! » conteste la Sénatrice Patricia Schillinger.

Il est temps que ce tabou qui a longtemps régné sur les cycles menstruels cède le pas à une politique courageuse de soutien aux femmes en situation de précarité. Il s’agit d’une règle élémentaire.